Boubakar Yougbare – MINDS Alumnus

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Le contexte de la participation des jeunes à la gouvernance

Selon la charte africaine de la Jeunesse de l’Union Africaine, est jeune toute personne âgé entre 15 et 35 ans. Définir ainsi la jeunesse seulement par l’âge la réduirait à un seul de ses aspects même si c’est un acte politique majeur. On peut alors convenir que la jeunesse peut se définir comme un groupe d’individus hétérogène appartenant une génération obéissant à une dynamique sociale dans un contexte donné. En Afrique, en moyenne ils représentent plus de 60% de la population active.

La gouvernance peut être décrite comme tout ce qui renvoie au processus lié à l’action de gouverner. Elle affecte la vie au quotidien de tous les acteurs ainsi que de toutes les composantes. La participation de la jeunesse dans la gouvernance peut être considérée comme une exigence fondamentale de démocratie. Et en Afrique, le baromètre démocratique se trouve être les élections. Alors à l’image de leur poids démographique, les jeunes devraient constituer plus de 60% des listes électorales si les inscriptions se déroulaient normalement et s’ils prenaient la responsabilité de s’inscrire. Il s’agit, pour participer au jeu démocratique, d’être conscient de l’importance de cette force, de s’impliquer et de participer aux élections en optant pour des choix judicieux, utiles, conséquents et responsables.

Dans tout type de gouvernement, il est crucial que les jeunes aient des plateformes où ils puissent exprimer leurs opinions et participer à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques gouvernementales. Dans la plupart des pays, cependant, la participation des jeunes est encore peu développée. Les jeunes doivent continuer à tenir leurs gouvernements responsables et plaider pour plus de mécanismes qui permettent un engagement des jeunes significatif et durable.

Tout jeune a le droit de participer librement aux activités de sa société et les Etats doivent prendre des mesures afin de les garantir ce droit comme le prescrit la charte africaine de la jeunesse à travers :

  • l’accès des jeunes au Parlement et à tous les autres niveaux de prise de décision conformément aux lois ;
  • la création d’une plate-forme pour la participation des jeunes à la prise de décisions aux niveaux local et national, régional et continental de la gouvernance ;
  • l’accès équitable des jeunes hommes et des jeunes femmes à la prise de décision et à l’exercice des responsabilités civiques;
  • l’accès à l’information pour permettre aux jeunes de connaître leurs droits et les opportunités qui leur sont offertes pour participer à la prise de décision et à la vie civique.

Les gouvernants doivent aussi œuvrer à la mise en place d’un environnement démocratique propice à l’épanouissement de toute citoyenneté et favorisant une paix durable. Ils doivent rompre avec les pratiques aussi nocives et sources de conflit comme (i) la tenue d’élections non transparentes ;(ii) le changement intempestif des constitutions pour se maintenir au pouvoir  et (iii) l’achat des votes des individus surtout des jeunes, affamés au préalable.

La tendance doit être changée par les jeunes qui doivent opter pour le refus de ces formes de pratiques tout en étant responsables et entreprenants en matière de veille citoyenne.

Les défis d’une participation des jeunes à la gouvernance

Le défi majeur de cette participation des jeunes à la gouvernance de leurs pays est parfois lié à une perception de la société sur la jeunesse dans son ensemble à travers les reproches d’immaturité et de manque d’expérience.

Un autre des défis est la participation voir l’engagement en politique qui reste la plateforme majeure d’influence des politiques. La jeunesse en général est très active et joue les premiers rôles dans les Organisations de la Société civile pour la veille citoyenne, l’interpellation mais est généralement utilisée comme des armes de propagande dans les partis politiques. Ce qui peut expliquer une telle utilisation c’est la situation précaire des jeunes qui leur rendent ainsi vulnérables.

Notre expérience en matière d’engagement politique participe d’une éducation ou d’une sensibilisation à la prise de risque pour changer les perceptions. Le défi majeur de notre participation à l’élection législative de Novembre 2015 au Burkina Faso a été la mobilisation des ressources financières pour satisfaire une pratique courante qui malheureusement s’installe comme une règle de campagne. Le débat politique perd ainsi sa nature première pour devenir un terrain de démonstration de puissance financière, faisant ainsi perdre le sens des projets de société censé être l’élément de mesure.

L’autre défi crucial en matière électorale vu que les élections sont parfois utilisées comme baromètre de la démocratie c’est l’analphabétisme de la masse électorale. L’expérience montre qu’en Afrique il y’a tendance à redéfinir les qualités d’un bon candidat au poste de représentation laissant libre champ a la corruption, a l’achat de conscience et la vente d’illusions.

Nous pensons que l’une des voix pour relever ces défis c’est la participation effective et réelle des jeunes dans la politique pour ‘’changer le jeu à l’intérieur du jeu’’. Des programmes nationaux et continentaux doivent aider dans ce sens et le ‘’Mandela Institute for Development Studies’’ est un cas d’école. A travers MINDS, nous avons renforcé notre capacité a mieux maitriser les cycles électoraux et aussi à créer un réseau de jeunes leaders de partage de bonne pratiques et d’expérience pour influencer dans une Afrique avec une jeunesse plus responsable.

 

1 Comment
  1. Bakary 11 months ago

    Bonjour Boubacar,
    Merci pour cet diagnostic précis et cette excellente analyse de la situation de la jeunesse africaine. Il y a pour moi trois (03) points essentiels : la formation, la lutte contre le chômage, l’engagement.

    Quand on regarde de près, on se rend compte dans la plupart de nos pays, le système éducatif est en souffrance. Il y a peu de moyens et les jeunes pour avoir une bonne formation sont parfois obligés de s’exiler en Europe, en Amérique ou en Asie. Il se trouve que tout le monde n’a pas cette chance. Et cette situation a une conséquence directe sur le marché du travail.

    En effet, l’absence de formation de qualité condamne une majorité de jeune à la précarité et en fait une cible facile pour des politiques qui de toute manière n’ont pas intérêt à ce que cela change car ça signifierait la fin de la manipulation et donc la fin de leur règne.

    Il y a enfin, l’engagement de la jeunesse. Tu l’as dit, l’un des cadres d’engagement de la jeunesse est les organisations de la société civile. Ces organisations jouent un rôle déterminant dans la construction d’une jeunesse consciente. Mais il ne faudrait pas se méprendre, les organisations de la société civile n’ont pas suffisamment de moyen. Celles qui en ont sont essentiellement des ONG ou fondations internationale et celle-ci, bien entendu ont leur fonctionnement et leur agenda qui n’est pas forcément en adéquation avec les enjeux ou qui obéissent à une orientation stratégique propre.

    Le défi majeur pour moi aujourd’hui est de faire en sorte que les jeunes comme toi et tant d’autres qui ont eu la chance de participer à de programme de formation de haut niveau puissent organiser les jeunes, et leur transmettre ce que vous avez reçu. Je pense que c’est ce que tu as commencé à faire avec l’initiative #Iwili. C’est un travail long et minutieux mais je pense que c’est la seule voie vers l’émancipation. Dès lors qu’il y aura de plus en plus de jeune au fait des enjeux, c’en suivra un changement dans la gouvernance.

    A la lumière de ces défis, et comme jai coutume à dire, il n’y a rien à attendre des politiques car la réussite de la jeunesse, la prise de conscience des jeunes et leur engagement signerait pour eux la fin sinon le début d’une exigence dans la gouvernance chose pour laquelle la plupart d’entre eux ne semble pas disposer à accepter. Il faudrait donc par nous même, nous organiser de sorte à pouvoir faire attendre notre voix, la voix de la majorité.

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